La perception chez Castoriadis
Castoriadis note dans L’Institution imaginaire de la société que le flux représentatif de la psyché continue qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas stimulation extérieure.
Il n'y a donc pas de perception s'il n'y a pas de flux représentatif indépendant, en un sens, de la perception. Un sujet qui n'aurait que de la perception n'aurait aucune perception : il serait totalement happé par les 'choses', aplati sur elles, écrasé contre le monde. (...).
Ce constat conforte le fait que l'imaginaire - comme imaginaire social et comme imagination de la psyché - est condition logique et ontologique du réel. Cependant, l’imaginaire dont il est question ici n’est pas imaginaire de… Il est imaginaire radical qui permet de comprendre en quoi la perception comporte une part d’imagination dans son fonctionnement. C’est au sein de la constitution imaginaire de la signification que l’on entrevoit le rôle joué par l’imagination au cœur de l’activité perceptive. Toute perception est déjà une certaine projection. A l’inverse, l’imagination reproductrice (d’une image, d’une représentation de l’objet etc.) ne peut se confondre avec le simple percept. Conformément au modèle kantien, la perception et l’imagination doivent être ici bien distingués : la réalité et la fiction, (la vie et le film) restent ici bien séparés.
En somme, ce par quoi le réel s'annonce dans la psyché ne devient élément d'une représentation qu'en fonction d'une élaboration psychique qui peut produire, selon les sujets et les moments, les résultats les plus différents et les plus inattendus.
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